Le sexting : une pratique à risques chez les jeunes

Le smartphone chez les adolescents et les jeunes adultes constitue un moyen de communication extrêmement fort et facilite les interactions sentimentales.

Les millénnials, comme on les appelle, utilisent les SMS, Snapchat, Instagram et autres réseaux sociaux et messageries instantanées pour échanger des clichés à caractère sexuel et ainsi titiller la libido de leur destinataire.

Si la pratique est de plus en plus répandue, elle n’est pas sans risques et peut conduire à la diffusion sans consentement de ces images. Avec la puissance de frappe d’internet et la rapidité de propagation des contenus, les conséquences peuvent être lourdes et dramatiques pour la victime.

 

L’échange de contenus à connotation sexuelle

Le sexting, de la contraction anglo-saxons « sex » et « texting", aussi appelé « sexto » en France. Il fait référence, d’après la définition de Justine Bastin, psychologue clinicienne et auteur d’un mémoire sur ce sujet, à « l’envoi de messages textes, photos ou vidéos à caractère sexuellement explicite et suggestif envoyés ou reçus par le biais des nouvelles technologies ».

 

Les risques liés au sexting 

Une fois l’image diffusée sur la toile… elle échappe à tout contrôle !

Le partage de contenu intime entre deux personnes, engagées dans une relation sérieuse, n’est pas nouveau. En revanche, l’ère numérique accélère la vitesse à laquelle ces clichés sont partagés sur diverses plateformes et les rend accessibles à des centaines de milliers de personnes dans le monde. Supprimer une photo directement après sa publication ne suffit plus, puisque celle-ci a pu, entre temps, être copiée et publiée des centaines de fois sur d’autres sites.

N’étant plus en la possession de la personne concernée, les images peuvent être distribuées sur les réseaux sociaux, les messageries instantanées et conduire à une forme de cyberharcèlement, souvent associé à du reveng porn.

Un sexto peut être transféré et partagé pour de nombreuses raisons : se rendre intéressant, par jalousie, par vengeance … mais aussi de manière inconsidérée, par une personne sans mauvaise intention.

Peu importe la raison, les conséquences sont généralement lourdes…

 

Le reveng porn

La pratique du reveng porn consiste à se venger d’une personne en rendant publique des contenus à caractère sexuel dans le but de l’humilier. Ces clichés peuvent avoir été réalisés avec le consentement de la victime mais sans son accord pour leur diffusion.

Généralement, il s’agit d’une réaction violente suite à une séparation mal vécue, une trahison ou de la jalousie.

La personne cherchant à nuire à la réputation de la victime rend publique des éléments intimes la concernant et les diffuse à un grand nombre de personnes via internet. Ces individus vont alors jouer un rôle de relais dans la transmission de ces images/vidéos. Le phénomène va prendre de l’ampleur rapidement. Une vague de violences s’abat alors sur la victime, qui développe un sentiment d’exclusion, de honte mais aussi de culpabilité puisqu’elle est à l’origine des clichés diffusés. Il est important de garder en tête que cet acte est interdit et évidemment puni par la loi. Ton image t’appartient et personne n’a le droit d’y nuire même si tu as envoyé la photo de ton plein gré.

 

Quelles sanctions ?

La diffusion d’une image ou vidéo dénudée d’une personne sans son consentement est interdit et constitue une infraction à la réglementation sur la vie privée et au droit à l’image de la personne.

Ainsi, le Reveng Porn est régi par l’article 67 de la loi du 7 mars 2016 pour une République numérique (dite Loi Lemaire). Article 226-2-1 du Code pénal « Lorsque les délits prévus aux articles 226-1 et 226-2 portent sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende. Est puni des mêmes peines le fait, en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même, à l’aide de l’un des actes prévus à l’article 226-1. »

Indépendamment du fait que la personne a donné ou non son consentement à la prise de ces clichés, la diffusion sans consentement suffit pour être punie par la loi.

 

Que faire si tu es victime ?

Demande au destinataire la suppression des images de toi

Tu as envoyé une photo de toi que tu regrettes ? Demande au destinataire de la supprimer. Tu as le droit, il s’agit de ton image et de ton intimité.

La personne refuse ?

Tu peux alors lui transmettre l’article 67 de la loi du 7 mars 2016 pour une République numérique (dite Loi Lemaire) qui a complété le code pénal avec l’article 226-2-1 qui renforce les sanctions pénales en cas de Reveng Porn. Les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende.

De quoi la faire réfléchir un peu…

 

N’attends pas avant de réagir et parle en a une personne de confiance

Plus tu réagis vite, et plus vite tu reprendras le contrôle de la situation. Demande de l’aide à une personne de confiance. Tu peux aussi contacter le service NET ECOUTE au 0800 200 000 qui t’accompagnera dans les démarches à effectuer.

 

Liste les plateformes et sites où ta photo apparait

Utilise les différents moteurs de recherche en tapant ton nom ou ton pseudo pour trouver les photos de toi sur le net. Tu peux également utiliser « Google Alerts » qui t’enverra une notification quand ton nom apparaitra quelque part.

Prends également des captures d’écran pour garder des preuves.

 

Signale les contenus te concernant

Sur les réseaux sociaux tu as la possibilité de « signaler » un contenu en indiquant qu’il ne respecte pas les conditions d’utilisation. Tu peux aussi signaler le profil aux adresses suivantes : www.pointdecontact.net et www.internet-signalement.gouv.fr

 

Porte plainte

Avec toutes les preuves à l’appui et accompagné d’une personne de confiance, porte plainte au commissariat. Tu peux joindre à toute heure la Brigade numérique de la Gendarmerie nationale via le site internet https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/brigade-numerique

 

Notre conseil 

Si tu pratiques le sexting, prends toutes les précautions pour te protéger. Nous te conseillons de ne pas envoyer d’images permettant d’être reconnu en cas de diffusion. Ne fais pas apparaitre ton visage, fais attention aux piercing, tatouages, ou autres éléments de décors qui peuvent te rendre identifiable.

Hey toi !

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