Le déficit immunitaire primitif : de quoi s’agit-il ? - Heyme  

Le déficit immunitaire primitif : de quoi s’agit-il ?

Les déficits immunitaires primitifs affectent principalement le système immunitaire chez l’enfant et l’adulte et augmentent les risques de contracter des infections fréquentes et particulièrement graves.

Selon les derniers chiffres, on compte environ 6 millions de personnes atteintes de déficits immunitaires primitifs sur le plan mondial. De quoi s’agit-il et comment les traiter ? On t’explique.

C’est quoi le déficit immunitaire primitif ?

Les déficits immunitaires primitifs regroupent jusqu’à 250 maladies caractérisées principalement par une perte totale ou partielle des fonctionnalités du système immunitaire.

Le système immunitaire est constitué d'un réseau complexe de cellules, de tissus et d'organes répartis dans le corps comme le sang, les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, le foie, la rate, l'intestin, etc. Le fonctionnement homogène de cet ensemble protège le corps humain des micro-organismes pathogènes tels que les bactéries, les virus et les champignons qui peuvent provoquer des maladies et renforcer les mécanismes de défense de l’organisme.

Quand le dysfonctionnement du système immunitaire est d’origine génétique, on parle de déficit immunitaire primitif.

Les principales formes d'immunodéficience sont héréditaires et surviennent dans les premiers mois après la naissance. Dans certains cas, même congénitaux, l'immunodéficience ne devient cliniquement évidente qu'à l'âge adulte.

Les sujets atteints de DIP sont incapables de produire des anticorps, appelés aussi immunoglobulines, d'où l'état d'hypogammaglobulinémie ou d'agammaglobulinémie qui caractérise ces maladies. C'est précisément le manque de production d'immunoglobulines qui augmente la sensibilité accrue des patients aux infections, dont la gravité dépend essentiellement du type d'immunodéficience dont ils souffrent.

Les symptômes du déficit immunitaire primitif chez l’enfant

Des infections fréquentes et graves comme la septicémie, la méningite et la pneumonie compliquée à un âge précoce doivent tirer la sonnette d'alarme sur les risques de déficit immunitaire primitif.

Les infections et en particulier celles des voies respiratoires supérieures comme la rhinite, les otites ou la bronchite sont également présentes chez les enfants immunologiquement normaux. Elles résultent principalement d’infections virales et sont considérées comme physiologiques. Un enfant peut attraper l'agent pathogène, tomber malade et guérir de manière définitive.

Chez les enfants atteints du déficit immunitaire primitif, les infections ont tendance à se reproduire de manières plus fréquentes et plus sévères.

Les infections peuvent facilement se compliquer : des otites récurrentes peuvent être purulentes, des épisodes de bronchopneumonie, manque de réactivité aux antibiotiques, etc.

La présence de diarrhées chroniques, avec un retard de croissance et des infections causées par des agents pathogènes, qui ne provoquent généralement pas de maladie chez les sujets normaux, indiquent la présence d’un déficit du système immunitaire.

Le diagnostic du déficit immunitaire primitif

Pour un premier diagnostic du DIP, le médecin traitant peut effectuer deux tests primordiaux :

  • un hémogramme qui détermine le nombre de cellules sanguines et leurs caractéristiques ;
  • le calcul des immunoglobulines sériques.

Si les immunoglobulines sériques sont absentes ou affichent des valeurs inférieures à la normale, un diagnostic d’hypo/agammaglobulinémie est posé. Les valeurs des immunoglobulines sériques doivent être comparées à celles présentes chez les sujets normaux du même âge.

Si conjointement la formule sanguine montre également une baisse des taux de lymphocytes circulants, on parle d’un déficit immunitaire combiné.

D’autres indicateurs sont aussi à surveiller :

Les antécédents de la maladie ou l’anamnèse : une anamnèse familiale approfondie est essentielle pour identifier une éventuelle transmission héréditaire. Il s’agit d’enquêter chez les proches sur des maladies similaires à celle du patient comme les allergies, les maladies auto-immunes, les tumeurs, les éventuelles réactions aux vaccins, aux antibiotiques et aux immunoglobulines ou à toute intervention chirurgicale antérieure.

L’examen physique : le déficit immunitaire primitif peut se manifester par : une pâleur, un malaise général, une malnutrition, des éruptions cutanées, etc.

Dans les déficiences lymphocytaires T ou B, les ganglions lymphatiques cervicaux et le tissu adénoïde et amygdalien sont réduits ou absents, une toux chronique et une diminution de la masse musculaire peuvent être présentes. Les symptômes fréquents comprennent la diarrhée, la malabsorption et les défauts de croissance.

Pour identifier de manière précise le type de l’immunodéficience, d'autres analyses immunologiques et génétiques moléculaires peuvent être nécessaires.

Traitement du déficit immunitaire primitif

Chez les patients présentant un déficit immunitaire avec des infections virales importantes, des médicaments antiviraux, tels que l'amantadine ou la rimantadine contre la grippe, l'acyclovir pour les infections herpétiques et la ribavirine pour le virus respiratoire syncytial, peuvent être utilisés.

Le traitement des déficits immunitaires humoraux comme le déficit en lymphocytes B se fait par administration d’immunoglobulines. Il s’agit d’une thérapie de substitution, similaire à celle appliquée chez les personnes diabétiques type 1, incapables de produire de l’insuline et où l’administration de cette hormone représente un traitement de remplacement.

Cette thérapie basée sur l’administration d’immunoglobulines a prouvé son efficacité chez les patients atteints de DIP et a considérablement réduit la mortalité et la morbidité. Dans de nombreux cas, elle permet de mener une qualité de vie saine.

Les traitements actuels administrés à la fois par voie intraveineuse et sous-cutanée semblent être efficaces. Le choix d’un produit ou d’un autre est déterminé en fonction des besoins et des exigences de chaque patient.

Une correction complète de l'immunodéficience nécessite une greffe de cellules souches ou de moelle osseuse. Chez les patients dont l'immunité cellulaire est intacte ou seulement partiellement compromise, l’utilisation d’immunosuppresseurs est nécessaire pour éviter le rejet de la greffe.

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