La santé mentale chez les jeunes et jeunes adultes - Heyme  

La santé mentale chez les jeunes et jeunes adultes

Dans un contexte de plus en plus agile, en flux tendu, concentré et axé sur la performance individuelle, la santé mentale est devenue un enjeu majeur, car ses implications sont multiples, tant en morbidité qu’en mortalité : de la dépression à la tentative de suicide en passant par le burn-out, tant chez les jeunes, scolarisés ou non et actifs ou non.

Alors que 89% des étudiants déclarent connaître au moins une période de stress dans l’année et que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans[1], comment se préserver et se faire accompagner pour réussir dans ses études, sa vie personnelle ou professionnelle ?

Une question de Santé Publique qui concerne tout particulièrement les jeunes et les étudiants.

La dépression est un sujet de santé publique et constitue la manifestation psychique la plus fréquemment observée chez les étudiants. Sa prévalence est beaucoup plus élevée (30 %) que dans les autres populations. Les enjeux se situent au niveau de la réussite scolaire, universitaire et professionnelle, mais également autour de la qualité des relations sociales.

Les symptômes les plus fréquents chez les jeunes sont les alternances de pensées négatives et positives ou neutres, ainsi que l’isolement.[2] Il n’est pas rare qu’un jeune semble intégré et entouré alors qu’il se sent isolé ou mal dans ses pensées.

Or, les études nécessitent du travail personnel en lien avec les compétences et améliorations de celles-ci, mais également par des interactions de groupes (travaux, recherches, présentations individuelles et collectives, activités physiques et sportives, culturelles et associatives…). Ce sont autant de sujets pour lesquels les étudiants peuvent ne pas se sentir en confiance et ressasser des idées noires.

Le premier impact est l’amplification du manque de confiance en soi « je ne vais pas y arriver », « c’est trop difficile »… et le repli sur soi, l’isolement social (même avec des pairs autour, on se sent isolé. Cela contribue à renforcer les idées négatives, la déprime et le manque de confiance en soi.

Le stress est également une certaine constante car le parcours supérieur est jalonné de temps forts en matière de seuils et de résultats, comme les partiels (entre décembre et janvier), les examens finaux (Mai- juin), mais aussi les concours d’entrée et les périodes d’intégration, qui marquent des ruptures avec les situations antérieures (décohabitation du foyer familial ou contexte social du précédent établissement). Au sujet du stress, 55% des étudiants déclarent avoir des problèmes de sommeil dont 33% sont liés au stress. Les sujets sont donc intimement liés.

Le top 3 des raisons du stress concernent les examens, les études, l’orientation, ce qui est extrêmement égocentré sur la réussite des études. En effet, les étudiants projettent de très forts enjeux dans leurs études, leur réussite et les débouchés pour réaliser leurs rêves ou leurs ambitions.

Les jeunes actifs impactés au travail (RPS)

Vus comme des « électrons libres », les jeunes salariés de la génération X sont très sensibles aux conditions de travail et tout ce qui est périphérique au poste. Les mauvaises conditions de vie au travail constituent une véritable explication du turn- over des jeunes salariés, qui ne font pas de compromis en ce sens. Alors qu’ils sont nombreux à essuyer un environnement professionnel jugé « hostile et agressif » (ce que reconnaissent les études), les jeunes en burn-out sont de plus en plus nombreux à consulter. En majorité ce sont de jeunes salariés, entre 22 et 35 ans. Le burn-out est un épuisement émotionnel, une implication personnelle diminuée et une sensation de détachement et de repli vis-à-vis de l'environnement[3]. Pourquoi si tôt en vie professionnelle ?

Les conditions de travail se dégradent pour de nombreux salariés et les jeunes n’y font pas exception[4] comme le souligne la DIRECCTE : « Le faible taux d’emploi des jeunes Français est en partie la conséquence d’un âge moyen de fin d’études tardif. Au sein d’une génération, ce sont les jeunes les moins diplômés qui entrent le plus tôt sur le marché du travail. Les jeunes actifs de moins de 25 ans sont donc en moyenne peu diplômés et peinent à s’insérer professionnellement. Leur insertion dans la vie active est marquée par une forte instabilité et une grande précarité. » La précarité se retrouve également en termes de durabilité de l’emploi avec des missions et des emplois saisonniers déguisés en CDD.

L’acceptation de conditions de travail dégradées[5] conduit les jeunes à une usure précoce. Des jeunes salariés, n’ayant pas les moyens nécessaires à l’exercice de leur activité, compensent en effectuant des heures supplémentaires et en prenant des risques pour leur santé.

En 2007, l’INRS en collaboration avec Arts et Métiers ParisTech a évalué le coût social du stress en France à 1,9 à 3 milliards d’euros[6] et qui serait en-dessous de la réalité.

Les RPS ont donc des impacts sur la santé des jeunes, mais aussi sur les entreprises et le système de santé.

Les conseils et les ressources et réseaux de santé mentale

Alors comment pouvons-nous agir pour éviter de basculer dans cette spirale anxiogène tout en prenant en compte les différents facteurs de stress environnants et spécifiques ?

De nombreuses ressources permettent aujourd’hui de pouvoir parler, échanger, partager et le cas échéant de solliciter du soutien ou un accompagnement psychologique. Le premier étant, et non négligeable, son entourage qui peut avoir un rôle d’écoute et de conseils qui se veulent davantage personnalisés. Il peut effectivement permettre d’extérioriser, et ce de manière plus fréquente. Fort heureusement, des structures et ressources extérieures permettent également de solliciter une aide ou un accompagnement en fonction de la situation personnelle ou professionnelle dans laquelle nous nous trouvons :

  • Que l’on soit étudiant ou jeune actif, il est possible de se tourner vers les professionnels de santé dédiés (médecin traitant, spécialiste en psychiatrie ou en psychologie, centre médico-psychologique (CMP) de secteur) pour un accompagnement ponctuel ou régulier. Des lignes et sites d’écoute, mais aussi associations permettent de bénéficier d’une écoute active et de conseils de personnels qualifiés dans le domaine de l’accompagnement psychologique. Vous pouvez retrouver toutes les informations nécessaires sur le site du Ministère de la Santé.
  • Pour les étudiants (universitaires ou inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur), les réseaux universitaires et BAPU (Aide Psychologique Universitaire) permettent de bénéficier d’entretien individuel avec psychologues ou psychothérapeutes pour échanger autour de leurs difficultés psychologiques, sur un plan personnel ou en lien avec leurs études. Ce service est généralement gratuit, cependant il n’est pas disponible partout.

Les universités et établissements d’enseignement supérieur mettent également en place durant l’année des actions de prévention à destination de leurs étudiants et ayant pour objectif de les informer, sensibiliser, conseiller sur des thématiques de santé diverses, dont la gestion du stress et la prévention des épisodes dépressifs.

  • Enfin, les jeunes actifs ont également la possibilité de se tourner vers les organismes de médecine du travail, à l’occasion de visite médicale notamment. En effet, les employeurs ont l’obligation d’assurer un suivi médical pour leurs salariés, c’est donc l’opportunité de faire part des difficultés liées au stress, à la pression professionnelles, au surmenage à un professionnel de santé spécialisé. Soucieux du bien-être de leurs employés, les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à mettre en place de la prévention en lien avec leur activité, et notamment un accompagnement psychologique destiné à « mieux vivre » professionnellement.

À savoir, une visite médicale peut également être provoquée par le salarié lui-même, qui recevra une convocation de la part du service de santé au travail.

La santé mentale chez les jeunes et jeunes adultes est donc devenue une vraie priorité de santé publique, qui tient compte des facteurs environnementaux et des besoins de chacun. Face à ce constat, de nombreuses ressources ont su se développer pour répondre à ces besoins, que l’on soit étudiant en milieu universitaire ou bien jeune actif dans le milieu professionnel. Il est important de prendre en considération le domaine/l’environnement dans lequel nous évoluons, pour pouvoir, si besoin, bénéficier d’un accompagnement le plus adapté possible.

Connaître les conditions de prise en charge de sa garantie complémentaire santé permet, le cas échéant, de se projeter sur un accompagnement qualifié en santé mentale.

[1] https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/la-drees/observatoire-national-du-suicide-ons/suicide-enjeux-ethiques-prevention-singularites-suicide-adolescence

[2] Analyse psychosociale et cognitive de la santé mentale chez les étudiants de première année : Validation du questionnaire des pensées positives et négatives et du questionnaire de la dépression de Beck : Effet des pensées positives et des facteurs psychosociaux par Muaweah Alsaleh

[3] https://www.passeportsante.net/fr/Communaute/Blogue/Fiche.aspx?doc=le-burn-out-en-premiere-partie-de-vie-professionnelle

[4] http://centre-val-de-loire.direccte.gouv.fr/sites/centre-val-de-loire.direccte.gouv.fr/IMG/pdf/recherche_doc_jeunes_travailleurs_ors_juin16.pdf

[5] « Le destin précaire des jeunes travailleurs » Santé & Travail n° 083 - juillet 2013

[6] http://www.service-sens.com/tout-savoir-sur-les-risques-psycho-sociaux/

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