
Victimes de grossophobie : il est temps de dire stop !
On entend souvent parler de racisme ou de sexisme dans notre société. Mais qu’en est-il des autres formes de discrimination ? Stigmatiser l'autre à cause de son surpoids, en est une. Parce que les victimes de grossophobie souffrent aussi en silence, sans que l’on s’en rende compte…
C’est quoi être victime de grossophobie ?
Il s'agit essentiellement de comportements discriminatoires ou stigmatisants envers les personnes en surpoids. La grossophobie englobe l’ensemble des préjugés à l’égard d'une personne en se basant sur son poids quand celui-ci ne correspond pas aux normes sociales dominantes.
Les répercussions peuvent être extrêmement pesantes pour les personnes victimes de grossophobie. Selon de nombreuses études, la stigmatisation des personnes en surpoids conduit dans la plupart des cas à la dépression, à l’anxiété et réduit les chances d’obtenir un emploi, d’être en couple ou d’élargir son réseau d’amis et de connaissances.
Ces personnes en surpoids sont considérées comme trop faibles et incapables de résister à toute tentation alimentaire. On estime également qu'elles ne s’impliquent pas assez dans la pratique d’activités physiques et qu'elles ne prennent pas assez soin d’elles.
Obésité en France et dans le monde : quelques chiffres
En France et d’après l’étude épidémiologique nationale sur le poids et l’obésité de la Ligue nationale Contre l’Obésité, en 2024, près de 10 millions de Français âgés de 18 ans et plus se trouvent en situation d’obésité. Par ailleurs, près d’un adulte sur 2 est touché par l'obésité et le surpoids en France, à savoir 48,8% de la population. Autant dire que près de la moitié des Français est susceptible d’être victime de grossophobie. Inquiétant !
Le nombre d'opérations de chirurgie bariatrique, une pratique qui favorise la perte de poids, est passé de 2800 en 1997 à 59.300 en 2016, selon le rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) datant de février 2018.
Sur le plan mondial, le nombre de personnes obèses a presque triplé depuis 1975, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). À l’heure actuelle, 38% de la population mondiale serait en surpoids ou obèse, soit 2,6 milliards de personnes d’après le rapport de la Fédération mondiale de l'obésité. Les enfants et les adolescents sont le plus généralement victimes de grossophobie et autres humiliations liées à leurs poids.
Surpoids et obésité : quelques nuances
Le surpoids et l’obésité sont définis en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC), calculé selon la formule suivante : le poids (en kg) divisé par le carré de la taille (m).
- Un IMC compris entre 18.5 et 24.9 indique une corpulence normale.
- Un IMC compris entre 25 et 29.9 indique une personne en surpoids.
- Un IMC égal ou supérieur à 30 indique une personne obèse.
L’obésité peut être modérée (30 - 34.9), sévère (35 - 39.9) ou morbide (supérieure à 40). Qu’il s’agisse de personnes en surpoids ou obèses, le résultat demeure invariable : elles sont souvent victimes de grossophobie.
Enfants et adolescents : les premières victimes de grossophobie
En raison de leur jeune âge et de leur quête d’acceptation sociale, les enfants et les adolescents sont souvent les premières victimes de grossophobie. À l'école, les moqueries, les surnoms humiliants ou encore les actes de harcèlement liés à leur poids peuvent engendrer des blessures psychologiques profondes, avec des répercussions sur le long terme. Ces discriminations répétées affectent non seulement leur estime de soi, mais aussi leur développement social, émotionnel et scolaire.
Et les conséquences peuvent être graves pour les victimes de grossophobie : sentiment de rejet, isolement, développement de troubles anxieux ou alimentaires comme l’hyperphagie ou l’anorexie, accompagnés dans certains cas de pensées suicidaires. Ce climat hostile pousse de nombreux jeunes à se conformer à des normes irréalistes, souvent renforcées par les médias et les réseaux sociaux, au détriment de leur santé mentale et physique.
Il est donc primordial que les parents, enseignants et éducateurs jouent un rôle de soutien et de sensibilisation envers les enfants et adolescents victimes de grossophobie. En valorisant la diversité des corps, en adoptant un discours bienveillant et en déconstruisant les stéréotypes liés au poids, ils peuvent créer un environnement plus inclusif et sécurisant. Encourager des discussions ouvertes sur le respect des différences et promouvoir des habitudes alimentaires équilibrées sans culpabilisation sont des leviers essentiels pour protéger les jeunes et leur offrir un modèle d’acceptation de soi.
Cultiver la tolérance dès le plus jeune âge est une étape clé pour protéger les victimes de grossophobie et enrayer les comportements discriminatoires qui s’enracinent souvent dès l’enfance.
Comment se comporter avec une personne obèse ?
L’obésité est un problème de santé où la variable psychologique joue un rôle important. Concevoir l’obésité comme un trouble qui dépasse la dimension physique t’aidera à mieux comprendre la vie des personnes victimes de grossophobie et d’adopter les bons comportements vis-à-vis d’elles.
Chez une personne obèse, le blâme, le mépris, l'exclusion et la stigmatisation sociale font chuter l’estime de soi. La personne en surpoids ou obèse est sensible à ces comportements négatifs et démotivants qui risquent d’aggraver encore plus sa situation.
Évite donc de critiquer le physique de cette personne ou ses choix alimentaires. Par exemple, ne dis jamais « Tu vas tout manger ? », « Tu as vraiment envie d’une deuxième part ? » ou encore « Si tu veux perdre du poids, il faut éviter de te gaver !». Ton intention est certes bonne, mais tes propos peuvent être interprétés différemment, d’autant plus si ton interlocuteur est victime de grossophobie à longueur de journée.
À moins qu'on ne te demande ton avis, évite de jouer l’expert santé.
En revanche, tu peux complimenter et motiver les personnes en surpoids et les aider à modifier leurs habitudes alimentaires et à mieux gérer leurs pulsions. Si l’une d’entre elles suit un régime particulier, pense à l’encourager et à souligner chaque perte de poids, aussi insignifiante soit-elle.
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Victimes de grossophobie : comment réagir ?
Les victimes de grossophobie doivent se rappeler que les discriminations dont elles souffrent ne reflètent en rien leur valeur personnelle ni leurs compétences. Lorsqu'elles sont confrontées à des comportements ou propos blessants, elles peuvent choisir de réagir en expliquant calmement pourquoi ces paroles sont offensantes, en s’appuyant sur des faits ou en partageant leur ressenti. Toutefois, il est aussi parfaitement légitime de préférer les ignorer, afin de préserver son énergie mentale et de ne pas s’épuiser dans des discussions et confrontations inutiles.
Trouver du soutien auprès de proches bienveillants ou intégrer des groupes de discussion dédiés aux victimes de grossophobie peut être un excellent moyen de partager son expérience et de se sentir moins seul. En cas de discriminations répétées ou graves, il est crucial d'en parler à des professionnels de santé mentale, de signaler ces actes aux autorités compétentes ou de se tourner vers des associations spécialisées.
Pour les victimes de grossophobie, faire face à ces discriminations signifie avant tout se protéger des impacts psychologiques, revendiquer le droit au respect et affirmer avec force qu’aucune attitude stigmatisante ne devrait dicter leur manière de vivre ou altérer leur estime de soi.
Adresses utiles : centres d'assistance et associations
De nombreux organismes communautaires proposent un accompagnement dédié aux personnes en surpoids et victimes de grossophobie. Par exemple, Carenity, le premier réseau social en France destiné aux personnes concernées par une maladie chronique et qui permet de faire le lien entre les patients, leurs proches et les laboratoires pharmaceutiques.
Sans oublier, "le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (G.R.O.S.)", une association qui regroupe plusieurs professionnels de la santé ayant pour but, la prise en charge des personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire.
Interview avec Elawan, victime de grossophobie #Plusde70KgEtSereine
As-tu déjà été victime de grossophobie ? Décris-nous ce que tu as ressenti et comment tu as réagi !
Oui, tellement de fois ! Et malheureusement, je n'ai pas beaucoup réagi : baisser le regard, essayer de se faire "toute petite" lorsque tout le monde me regarde, ne rien dire du tout. Parce que j'avais peur des réactions du genre "mais on dit ça pour ton bien !" ou encore "mais c'est une blague, je rigole !" Alors qu'en fait, je suis extrêmement blessée par ce genre de remarques.
Pourrais-tu nous parler de quelques situations de stigmatisation que tu vis au quotidien ?
Jusqu'à il y a quelques années (aujourd'hui, j'ai beaucoup moins de remarques grossophobes), c'était pour beaucoup des remarques sur ce que je mangeais ou sur le contenu de mon frigo. Je me rappelle également les visages choqués quand je disais que je faisais du 46/48 ou que je donnais mon poids. Et bien sûr les mille et un conseils sur comment perdre du poids (alors que je n'ai rien demandé).
Les effets psychologiques de la grossophobie peuvent être très dangereux, comment gères-tu tout cela ?
Ça a été une horreur pour mon estime. J'en suis arrivée à vouloir me faire du mal tellement je me haïssais. Et ça n'a pas arrangé mes problèmes de troubles du comportement alimentaire (hyperphagie) que je trainais depuis mon année éprouvante en classe préparatoire. J'ai dû trouver des parades pour ne plus y penser
Réagis-tu aux propos discriminants ou as-tu pris l’habitude de les ignorer ?
D'habitude j'ignore le plus possible, mais quelques fois je relève, j'explique en quoi c'est discriminant mais sans perdre mon énergie dans tout ça. Sinon, une petite punchline ou un petit tweet piquant et c'est tout !
Après pour les propos discriminants, c'est surtout sur internet ou en famille. Je n'ai jamais entendu ce type de propos sur mon lieu de travail par exemple.
As-tu des recommandations ou des conseils aux personnes en surpoids qui vivent très mal ce phénomène ?
Je sais que c'est difficile, que ça fait énormément de mal. Ce que je peux conseiller, c'est de trouver des serveurs Discord, des forums ou des groupes Facebook pour en discuter. Ou encore mieux, si vous avez des amis ou amies grosses, se créer un petit groupe WhatsApp par exemple. C'est ce que je fais, et ça fait un bien fou !
As-tu déjà fait appel à des associations dédiées ? Si oui, que penses-tu de leurs actions ?
Non, à l'époque je ne connaissais aucune association dans ma ville.
Un message à faire passer ?
Je vais recycler un propos que j'ai dit il y a un an : je suis grosse, j'existe, je vis et je vous emmerde (les grossophobes) ! Ou encore #Plusde70KgEtSereine (le hashtag que j'ai créé l'année dernière).