Grossophobie : victime de préjugés - Heyme  

Grossophobie : victime de préjugés

On entend souvent parler de racisme ou de sexisme, mais qu’en est-il de la grossophobie ? Discriminer l'autre à cause de son surpoids, en France et dans le monde, les chiffres sont alarmants.

C’est quoi la grossophobie ?

Il s'agit essentiellement de comportements discriminatoires ou stigmatisants envers les personnes en surpoids. La grossophobie englobe l’ensemble des préjugés à l’égard d'une personne en se basant sur son poids quand celui-ci ne correspond pas aux normes sociales dominantes.

Les répercussions de la grossophobie peuvent être extrêmement pesantes sur la vie des personnes discriminées. Selon de nombreuses études, la stigmatisation des personnes en surpoids conduit souvent à la dépression, à l’anxiété, réduit les chances d’obtenir un emploi, d’être en couple ou même d’avoir un réseau d’amis et de connaissances plus large.

Les personnes sujettes à la grossophobie sont considérées trop faibles pour résister à la tentation de la nourriture. On estime qu'elles ne s’impliquent pas assez dans l’exercice physique et qu'elles ne prennent pas assez soin d’elles.

Obésité en France et dans le monde : quelques chiffres

En France, environ 6 millions de personnes sont obèses et 2 autres millions sont obèses et marginalisées. Ils ne disposent d'aucune installation dans l'espace public. Les hommes représentent environ 56.8% des personnes en surpoids, contre 40.9% chez les femmes.

Le nombre d'opérations de chirurgie bariatrique (discipline chirurgicale qui vise à faire maigrir les obèses) est passé de 15.000 en 2006 à 68.000 en 2017.

Sur le plan mondial, le nombre des personnes obèses a triplé depuis 1975. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on compte 1.9 milliard d’adultes en surpoids et 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans (données de 2016).

Surpoids et obésité : quelques nuances

Selon la classification mondiale, le surpoids et l’obésité sont définis en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC), calculé selon la formule suivante : le poids en kg divisé par la taille² en m.

  • Un IMC normal est situé entre 18.5 et 24.9.
  • Une personne est considérée en surpoids si son IMC est entre 25 et 29.9.
  • Une personne est obèse si l’IMC est supérieur ou égal à 30.

L’obésité peut être modérée (30-34.9), sévère (35-39.9) ou morbide (supérieure à 40).

Comment se comporter avec une personne obèse ?

L’obésité est un problème de santé où la variable psychologique joue un rôle important. Concevoir l’obésité comme un trouble qui dépasse la dimension physique t’aidera à mieux comprendre la vie des personnes en surpoids et à avoir les bons comportements vis-à-vis d’elles.

Chez une personne obèse, le blâme, le mépris, l'exclusion et la stigmatisation sociale font chuter l’estime de soi. La personne en surpoids peut être sensible à ces comportements négatifs et démotivants qui risquent d’aggraver encore plus sa situation.

Évite de critiquer l’état physique de la personne obèse ou ses choix alimentaires. Par exemple, ne dis jamais « Tu vas tout manger? », « Tu as vraiment envie d’une deuxième part ? » ou encore « Si tu veux perdre du poids, il faut manger sain » , ton intention peut être bonne, mais tes propos peuvent être interprétés différemment.

À moins qu'on ne te demande ton avis, évite de jouer l’expert santé.

Par contre, tu peux faire des compliments et motiver les personnes obèses de ton entourage pour les aider à changer leurs habitudes et à mieux gérer ses pulsions. Si la personne en surpoids suit un régime particulier, pense à l’encourager et à souligner même la plus petite perte de poids.

Adresses utiles : centres d'assistance et associations

De nombreux organismes communautaires proposent un accompagnement dédié aux personnes en surpoids. Par exemple, Carenity est un réseau social francophone et un espace de partage et d’échange d’expériences entre patients et leurs proches.

Il existe également un groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids.

Autres associations (obésité, surpoids, etc.) en France

 

Interview avec Elawan, victime de grossophobie #Plusde70KgEtSereine

As-tu déjà été victime de grossophobie ? Décris-nous ce que tu as ressenti et comment tu as réagi !

Oui, tellement de fois ! Et malheureusement, je n'ai pas beaucoup réagi : baisser le regard, essayer de se faire "toute petite" lorsque tout le monde me regarde, ne rien dire du tout. Parce que j'avais peur des réactions du genre "mais on dit ça pour ton bien !' ou encore "mais c'est une blague, je rigole !" Alors qu'en fait je suis extrêmement blessée par ce genre de remarque

Pourrais-tu nous parler de quelques situations de stigmatisation que tu vis au quotidien ?

Jusqu'à il y a quelques années (aujourd'hui j'ai beaucoup moins de remarques grossophobes), c'était pour beaucoup des remarques sur ce que je mangeais ou sur le contenu de mon frigo. Je me rappelle également des visages choqués quand je disais que je faisais du 46/48 ou que je donnais mon poids. Et bien sûr les mille et un conseils sur comment perdre du poids (alors que je n'ai rien demandé)

Les effets psychologiques de la grossophobie peuvent être très dangereux, comment gères-tu tout cela ?

Ça a été une horreur pour mon estime de moi. J'en suis arrivée à vouloir me faire du mal tellement je me haïssais. Et ça n'a pas arrangé mes problèmes de troubles du comportement alimentaire (hyperphagie) que je trainais depuis mon année éprouvante en classe préparatoire. J'ai dû trouver des parades pour ne plus y penser

Réagis-tu aux propos discriminants ou as-tu pris l’habitude de les ignorer ?

D'habitude j'ignore le plus possible, mais quelques fois je relève, j'explique en quoi c'est discriminant mais sans perdre mon énergie dans tout ça. Sinon, une petite punchline ou un petit tweet piquant et c'est tout.
Après pour les propos discriminants, c'est surtout sur internet ou en famille. Je n'ai jamais entendu ce type de propos sur mon lieu de travail par exemple.

As-tu des recommandations ou des conseils aux personnes en surpoids qui vivent très mal ce phénomène ?

Je sais que c'est difficile, que ça fait énormément de mal. Ce que je peux conseiller, c'est de trouver des serveurs Discord, des forums ou des groupes Facebook pour en discuter. Ou encore mieux, si vous avez des amis ou amies grosses, se créer un petit groupe WhatsApp par exemple. C'est ce que je fais, et ça fait un bien fou!

As-tu déjà fait appel à des associations dédiées ? Si oui, que penses-tu de leurs actions ?

Non, à l'époque je ne connaissais aucune association dans ma ville

Un message à faire passer ?

Je vais recycler un propos que j'ai dit il y a un an: je suis grosse, j'existe, je vis et je vous emmerde ! (les grossophobes) Ou encore #Plusde70KgEtSereine (l’hashtag que j'ai créé l'année dernière)

 

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